dimanche 13 décembre 2015

1974 Liechtenstein

Mardi 21 mai 1974

A 7h30, je pars en autobus avec une copine, Janine Fourier, jusqu’à Kehl. De là, nous faisons de l’auto-stop, par l’autoroute badois en Allemagne, jusqu’en SUISSE.
Nous mangeons sur le pouce à 13h à Rheinfelden, sur un muret en face de la gare. Aux portes de Bâle, à la source du Rhin navigable, ses bains soufrés valurent une réputation mondiale à cette petite ville.
Nous traversons le nord-est de la Suisse, passant par Zürich. Nous atteignons le canton de Saint-Gall. A Sevelen, nous sommes dans la plaine du Rhin. En face, de l’autre côté du fleuve, les sommets alpins…
Avec la voiture qui nous a chargés, nous traversons le Rhin sur un vieux pont couvert en bois et nous pénétrons au LIECHTENSTEIN.
Une simple pancarte au milieu du pont indique la frontière, car l’union douanière et monétaire avec la Suisse est totale.

Principauté du Saint Empire romain germanique depuis 1719, membre de la Confédération du Rhin en 1806, membre de la Confédération germanique en 1815 jusqu’à sa dissolution, la Principauté du Liechtenstein devient pleinement indépendante en 1866. C’est une monarchie constitutionnelle depuis 1921.
Petit territoire de 160 km² coincé entre la Suisse et l’Autriche, délimité par le Rhin à l’ouest, par les Alpes à l’est, c’est une place financière internationale et l’un des pays les plus riches du monde.
Paradoxalement, les électeurs sont exclusivement masculins, les femmes n’ayant pas le droit de vote.

A 18h15, nous arrivons à VADUZ, la capitale.
Nous prenons un pot dans un bistro puis cherchons un endroit pour planter la tente. Nous sortons de la ville et nous dirigeons vers le Rhin. Nous installons la tente à la lisière d'un petit bois sous la digue du fleuve. Nous mangeons sous tente.
Des promeneurs arpentent la digue au soleil couchant.
Le soir, Janine et moi allons à pied nous promener à Vaduz avant de rentrer sous la toile.

Mercredi 22 mai 1974

Le matin, nous visitons Vaduz, petite ville de 5000 habitants. Nous grimpons à pied au château du prince régnant.
Le château de Vaduz (XIIe siècle) est toujours le lieu de résidence de la famille princière. Entouré de vignobles, il surplombe la ville moderne.
De retour en ville, nous visitons le musée national du Liechtenstein.
Nous rentrons sous la tente et y passons l’après-midi et la soirée, à cause du mauvais temps (vent et pluie). On met de temps en temps le nez dehors, à la faveur d’une accalmie. 

Jeudi 23 mai 1974

Vers 11h30, nous partons tous les deux pour une marche en montagne. Les Alpes commencent au pied de la ville.
Sac au dos, nous grimpons par un sentier balisé en forêt jusqu’à une ruine à 840 m, sur les hauteurs de Vaduz : Wildschloss (Château sauvage). Nous montons ensuite dans le brouillard vers Profatscheng (1100 m), une bergerie dans les alpages. La brume se lève par moment, découvrant le paysage. Nous mangeons sur place un repas tiré du sac, seuls devant les granges. Après ce bref arrêt, nous poursuivons jusqu’à Gaflei (1500 m). La montée est rude. Epuisée, et les pieds trempés, Janine, peu équipée pour cette randonnée, en a les larmes aux yeux. Débouchant des nuages, nous atteignons la terrasse alpestre où de nombreuses voitures venues tout simplement par la route stationnent devant l’hôtel-restaurant. C’est un point de départ pour le massif sauvage des Dreischwestern ( les« Trois Sœurs »). Le belvédère est le plus beau panorama du Liechtenstein avec vue sur les montagnes suisses.
Il nous reste à redescendre. On passe à Masescha, la plus ancienne des colonies « wals », avec une chapelle du XIVe siècle. On arrive dans la commune de Triesenberg (880 m), station située sur le versant ensoleillé des Alpes. L’allemand est la langue officielle de la principauté ; la langue usuelle est le suisse-allemand, un dialecte alémanique. Triesenberg se distingue des autres communes du pays par son dialecte propre, qui remonte au Moyen Âge et qui est dû aux immigrants Walser. La commune promeut activement ce dialecte, afin de le préserver et le faire connaître.
La pluie se met à tomber dans la traversée du village.
Nous sommes de retour à Vaduz vers 18h30. Nous rentrons sous la tente pour nous changer et nous reposer.

Vendredi 24 mai 1974

En fin de matinée, nous démontons la tente et quittons Vaduz en auto-stop. Nous nous dirigeons vers le nord, le long de la plaine rhénane, par la route principale au pied de la montagne. Nous atteignons la frontière et quittons le Liechtenstein par un poste de douane suisse - conséquence de l’union douanière entre les deux pays - sous un portique « Schweizerische Grenze im Fürstentum Liechtenstein ».
Nous passons en AUTRICHE (Land du Vorarlberg).
Nous parvenons à Bregenz, à l’extrémité du lac de Constance (Bodensee), vers 14h. Nous y mangeons. Sortant de la ville par la route longeant le lac, nous atteignons à pied la localité de Lochau-Tannenbach. Nous cherchons à nous installer. Mais il n’y a guère d’endroit pour monter la tente près du lac. Finalement, un recoin en retrait de la route fera l’affaire. Un peu en pente, mais ne soyons pas trop difficiles !
On se promène à la tombée de la nuit sur le See Anlagen, promenade favorite des habitants de la ville au bord du lac.
Par la suite, nous sortons à Bregenz jusqu’à 22h.

Samedi 25 mai 1974

A 9h30, départ en auto-stop pour le voyage de retour.
Nous mangeons à midi au bord du lac à Lindau, en Bavière (Allemagne).
Longue journée de stop. Un automobiliste nous charge à la tombée de la nuit, à travers la Forêt Noire jusqu’à Strasbourg. Main dans la main en fin de trajet dans la voiture, nous arrivons à Strasbourg à 0h30.
Janine dort chez moi, dans mon lit, « en tout bien tout honneur »,  à la rue Klein. Ce sera seulement demain, à son retour de week-end, que Christine me fera la gueule …


*****

1975 Andorre

Vendredi 12 septembre 1975

Partis en vacances dans notre vieille 204 Peugeot, Christine et moi avons dormi sous tente dans un pré aux abords du village de Joncet (Pyrénées-Orientales), à côté d’autres campeurs qui avaient fait un feu.
Nous quittons notre emplacement à 10h. Nous passons par Bourg-Madame, à proximité de l’enclave espagnole de Llívia. Nous montons dans les Pyrénées  par le col de Puymorens (1915 m).
Nous atteignons à midi le Pas de la Case (2091 m), porte d’entrée de la Principauté d'ANDORRE.

La Principauté d’Andorre, à l’origine fief du comte de Foix et de l’évêque d’Urgel,  fut créée le 7 septembre 1278 par la signature d’un paréage instaurant la souveraineté partagée de l'Andorre entre le Comte de Foix, français (ou, en dernier ressort, le chef de l'État français), et l'évêque d'Urgell, catalan. Ceci donna à la  principauté son territoire et sa forme politique.
Petit pays des Pyrénées (468 km²), à cheval sur la frontière franco-espagnole, c’est une co-seigneurie féodale, divisée en sept paroisses.
Le co-prince français actuel est Valery Giscard d’Estaing.

Le cirque du Pas de la Case est un sas d’entrée dans la principauté, où s’amoncellent les boutiques pour les touristes qui viennent profiter des tarifs d’un pays à la fiscalité quasi-inexistante.
Nous mangeons à la frontière, dans un snack-bar. La monnaie en Andorre est la peseta espagnole ou le franc français. Nous payons donc en francs.
La Principauté d'Andorre ne dispose pas de monnaie officielle, mais utilise deux monnaies fiduciaires sur le marché coté des changes (le franc andorran et la peseta andorrane), afin de s'affranchir du contrôle de change des pays voisins dont elle utilise les monnaies.

Pour pénétrer à l’intérieur du pays, la route passe par le port d'Envalira (2 409 m) qui est le plus haut col routier des Pyrénées, ouvert en 1931.
Nous descendons dans la vallée par l’axe principal de l’Andorre : Soldeu, Encamp, Les Escaldes. A 13h30, nous arrivons à ANDORRA-LA-VELLA, capitale de la Principauté.
Conurbation de fond de vallée, à 1000 m d’altitude, où se concentre plus de la moitié de la population, la lutte pour l’espace y est féroce. Les deux avenues principales regroupent l’ensemble des établissements commerciaux du pays.
La langue officielle de l’Andorre est le catalan, prérogative que jalousent ses voisins catalans d’Espagne. Bien qu’il existe trois systèmes d’enseignement (espagnol, andorran et français), l’espagnol est la langue la plus parlée.
Nous traversons d’abord la ville en voiture et nous nous dirigeons vers une vallée latérale. Nous montons la tente près du village de Sispony, dans un joli cadre au bord d'un cours d'eau.
Nous faisons ensuite une tournée en voiture dans la principauté, par les routes des différentes vallées. Paysages de montagne splendides.
Nous revenons passer l’après- midi et la soirée en ville : nous arpentons les deux axes principaux, interpellés par des commerçants qui proposent leurs alcools contrefaits sur le bord des trottoirs. Nous nous laissons d’ailleurs prendre au jeu par un gigantesque noir qui nous fait goutter à son pastis frelaté, largement dosé : deux tiers de pastis, un tiers d’eau ! A ce rythme, on est rapidement « pompette »… On visite la ville, on fait quelques courses, riant tout seuls, dans un bel état !

Nous rejoindrons enfin la tente au bord du ruisseau et nous coucherons à 21h.

Samedi 13 septembre 1975

Au matin, on se lave comme des chats dans le « riu » et à 11h30, nous levons le camp.
On traverse à nouveau Andorra-la-Vella et on rentre en France par le port d’Envalira et le Pas de la Case.
Vers 18h, arrivée à Pau (Pyrénées-Atlantiques) chez l'oncle et la tante de Christine.


*****

1976 Pays basque espagnol

Jeudi 19 août 1976

De Baliros (Pyrénées-Atlantiques) où nous sommes en vacances, Christine et moi partons à 10h en voiture, dans notre 4L verte, vers le Pays basque espagnol.
Vers 12h, nous arrivons à St-Jean-Pied-de-Port, cité fortifiée du Pays basque français au pied des Pyrénées : repas au restaurant et visite de la ville.
Par le col de Roncevaux, un haut lieu qui évoque « la chanson de Roland », la plus célèbre chanson de geste du Moyen Age, nous passons en ESPAGNE à 14h.

Sous le règne des Rois Catholiques, en 1492, l’unification des royaumes de Castille, d’Aragon et de Grenade (dernier bastion musulman) crée le Royaume d’Espagne. L’unification de l’Espagne actuelle est achevée en 1512 avec la conquête de la Navarre.
L'Espagne est soumise, après une tragique guerre civile qui dure de 1936 à 1939, à la dictature du général Franco. Celui-ci, originellement monarchiste, décide de conserver le pouvoir et de ne faire rétablir la monarchie qu'après sa mort. Récemment, après son décès en 1975, la royauté est effectivement restaurée.

Nous entrons dans le Pays basque espagnol. Par choix politique, nous nous cantonnerons à cette région.
Le Pays basque dans son sens large comprend sept territoires historiques : quatre au sud des Pyrénées, le Pays basque espagnol (Hegoalde) ou Pays basque sud, et le Pays basque français (Iparralde) ou Pays basque nord, formant une partie du département des Pyrénées-Atlantiques. Culturellement, le Pays basque occupe en Europe une place bien particulière avec son identité propre et sa langue, l’euskara.
Poursuivant sa lutte contre le centralisme espagnol, l'indépendantisme le plus radical et le plus violent est celui de l'ETA, organisation prônant et pratiquant la lutte armée.
Nous roulons jusqu'à Pamplona (Pampelune), en Navarre, une des villes les plus chargées d’histoire du Pays basque. Nous visitons la ville (cathédrale, citadelle, murailles) et ses environs. La présence policière est bien visible dans les rues de la ville.
Nous passons la nuit dans un camping non loin de Pampelune. Pas le choix ! Camping de standing avec piscine (que nous n’utiliserons pas).

Vendredi 20 août 1976

Nous quittons le camping à 10h en direction de Vitoria (province d’Álava).
On parcourt la région en voiture. Bref passage à Aránzazu, un site touristique de la province de Biscaye. C’est le monastère le plus célèbre du Pays basque, sanctuaire marial situé dans un paysage grandiose. 
Nous passons la soirée au bord d'un lac non loin de Vitoria. Nous attendons le départ des derniers promeneurs et montons la tente sur la rive sauvage du lac, parmi une végétation d’épilobes. Christine n’est tout de même pas trop rassurée. Vers 21h, nous faisons une promenade autour du lac. Nous nous couchons à la tombée de la nuit.

Samedi 21 août 1976

Dans la matinée, nous nous dirigeons vers Bilbao, en Biscaye, principale ville du Pays basque. Nous nous arrêtons sur une place, au centre-ville pour prendre un café. Là aussi, la présence policière est indéniable.
Nous rejoignons la côte, sur le golfe de Gascogne. Nous avisons une plage en contrebas de la route. Le chemin est escarpé pour la rejoindre. Nous mangeons au bord de la mer et allons nous baigner. C’est le week-end. Des familles entières commencent à affluer.

Alors nous retournons vers la France par San Sebastián (province de Guipúzcoa) et la frontière d’Hendaye.
Nous rentrons à Baliros par le Pays basque français. Arrivée vers 22h.


*****

1978 Danemark

Lundi  17 juillet 1978

A 9h, je pars avec Christine en 4L pour le Danemark.
Nous roulons toute la journée, de 9h30 à 19h jusqu'à la frontière danoise par les autoroutes allemandes. On s’arrête en mi-journée pour manger sur une aire d’autoroute.
A 19h, nous arrivons au DANEMARK.

Participant aux expéditions vikings qui ravagent les côtes de l’Europe occidentale, le Royaume de Danemark est unifié au Xe siècle. Sa puissance est consacrée en 1397 par l’Union de Kalmar, alliance conclue entre les trois royaumes scandinaves de Danemark, Suède et Norvège. Cette union éclate le 6 juin 1523.
Depuis 1973, le Danemark est membre de la Communauté Economique Européenne.

Peu après la frontière, nous cherchons un endroit pour nous arrêter.
Nous sommes frappés par l’explosion de la pornographie qui s’étale partout : des sex-shops, même en pleine campagne, de grandes affiches aguicheuses, etc.
Nous mangeons, puis nous campons vers 20h30 dans la nature. La tente que nous a prêtée le copain Fredo est dressée dans un pré non fauché au milieu des hautes herbes et des fleurs sauvages.

                      

Nous nous couchons vers 22h.

Mardi 18 juillet 1978

Le plus petit des pays scandinaves est composé de plusieurs îles de la mer Baltique et d’une grande presqu’île, le Jutland.
A partir de 9h, nous effectuons le trajet Åbenrå - Kolding dans le Jutland et passons dans l’île de Fionie reliée au continent par un pont. C’est la plus belle campagne danoise : villages cachés, haies vives, moulins à vent, forêts et maisons à colombage. Nous traversons la ville d’Odense, puis nous  atteignons Nyborg, à l’est de l’île.

A12h30, nous embarquons pour l'île de Seeland. Nous mangeons sur le bateau. La traversée dure une heure.
A13h30, nous reprenons la route à Korsør.
A 15h, nous arrivons à KØBENHAVN (Copenhague), capitale du Danemark.
Nous nous installons pour deux jours dans un camping à proximité de la ville.
Nous allons ensuite visiter Copenhague. C’est une jolie ville très vivante, aux rues animées. Nous flânons dans le secteur piétonnier Strøget puis nous nous dirigeons vers le parc de Tivoli : parc d’attraction célèbre, avec un théâtre de pantomime, des jeux, des montagnes russes, etc. Assez piège à touristes, mais puisque Christine a l’air d’y tenir…
Nous mangeons le soir dans un restaurant de Tivoli. Tout est cher au Danemark et le vin hors de prix ! Par contre les bières sont excellentes. Les brasseries Carlsberg et Tuborg règnent d’ailleurs sur la ville.
Nous rejoignons le camping pour 22h.

Mercredi 19 juillet 1978

Le matin, nous nous promenons en ville vers les quartiers du port, vivants, animés (tel celui de Nyhavn) ou paisibles. Nous allons rendre visite à la Petite Sirène.
À l'entrée du port de Copenhague fut érigée une statue de bronze de la Petite Sirène en l'honneur de l'écrivain danois Hans Christian Andersen, célèbre pour ses « Contes pour enfants ».
La statue ne présente pas en elle-même un grand intérêt.


Au retour, passant devant le palais royal, place Amalienborg, nous avons droit à la relève de la garde ! Ça veut dire que la reine est là.
A midi, on mange dans un snack.
On passe l’après-midi en ville puis sur la côte au nord-est.



En soirée, nous visitons l'Aquarium du Danemark.
Nous mangeons en ville puis rentrons au camping vers 21h.

Jeudi 20 juillet 1978

Nous restons à Copenhague jusqu'à 11h et entamons ensuite notre trajet de retour.
Quittant l’île de Seeland, nous déjeunons encore sur le ferry.


Trajet vers le sud du Danemark, dans le Jutland.

Vers 18h, nous installons la tente en lisière d’une forêt de sapins près de Padborg, ville proche de la frontière. Un soleil rasant fait une brève apparition.


Nous allons nous promener au bord de la mer Baltique près de Kollund. Là une mouette agressive se précipite à plusieurs reprises en piqué sur Christine ! 


A 20h, nous mangeons dans un restaurant à Kruså. Vers 21h, nous allons boire un pot à Padborg, pour liquider nos couronnes danoises et rentrons nous coucher.

Vendredi 21 juillet 1978

De 9h à 20h30, nous effectuons le trajet de retour par l'Allemagne jusqu'à Phalsbourg (Moselle), chez les beaux-parents qui nous ont gardé notre fille Caroline.


*****

1979 Tunisie (deuxième voyage)

Samedi 1er septembre 1979

A 17h, Lucien et « Thierry » m'emmènent à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim.
18h20 : décollage pour la TUNISIE. J'y retourne pour deux semaines, invité par Hichem.
19h30 (heure locale) : arrivée à TUNIS.
Hichem m'attend à l'aéroport. Nous nous rendons à Tunis chez un de ses frères où se déroule une fête de famille, la circoncision d’un enfant.
Comme le baptême chrétien, cette tradition orientale marque l’entrée du jeune garçon dans le monde des croyants. Cette cérémonie donne lieu à des festivités plus ou moins importantes selon les moyens de la famille.
Toute la famille d’Hichem est rassemblée à cette occasion. J’y retrouve des connaissances datant d’avril 1973. La fête se déroule dans l’appartement du frère aîné d’Hichem. On peut y boire du vin et de la « boukha », un alcool de figue très fort. J’en profite !
Lorsque la fête s’épuise, Hichem et moi partons en voiture à Nabeul, chez sa mère. Nous nous couchons à minuit.

Dimanche 2 septembre 1979

Je passe la matinée à Nabeul.


De10h30 à 13h, je suis à la plage avec un neveu d'Hichem. La rue Mongi Slim où habite la mère d’Hichem mène directement à la plage. Le front de mer est saccagé par des hôtels de tourisme de masse et la plage est surtout fréquentée par des Européens.
Dans l’après-midi, je me promène dans Nabeul avec un autre neveu.
A 19h30, Hichem et moi nous rendons à Hammamet, un des hauts lieux du tourisme en Tunisie. Nous y retrouvons deux Françaises rencontrées par Hichem. Nous mangeons avec elles dans un restaurant, puis nous allons passer la soirée dans une boîte à touristes. Nous rentrons à Nabeul à 3h du matin, seuls, évidemment !

Lundi 3 septembre 1979

Nous passons la journée à Nabeul. On fait une balade en ville, on arpente les rues. Il y a toujours un ami, une connaissance ou un cousin à saluer dans ces rues animées et populeuses…
Vers 18h, nous partons en voiture à Tunis. On se rend chez le frère d'Hichem pour une fête avec musiciens et folklore. C’est la suite de la fête de samedi. Plus sage, plus familiale et sans alcool…

Mardi 4 septembre 1979

... La fête se termine à 3h du matin. Avec la voiture que m’a confiée Hichem, je ramène à Nabeul pour 4h sa mère, sa sœur et les enfants de Zouir (un frère d’Hichem vivant à Strasbourg). A cette heure, la route est relativement tranquille, hormis quelques voitures sans lumière… Les routes sont en bon état, mais la conduite de nuit reste dangereuse.

Lorsque je suis levé, après avoir pris le petit déjeuner chez la mère d’Hichem, je vais me promener à Nabeul, au centre et dans le souk
  
                        
        
Sculptures sur pierre, ateliers de poterie.
L’argile rouge provient des environs, le kaolin est extrait à Tabarka. Les couleurs sont encore obtenues selon des recettes ancestrales ; d’autres teintes sont obtenues à partir d’émaux chimiques.
La mosquée est un vivant témoignage de l’art local, avec une superbe porte rehaussée d’un encadrement finement sculpté.


A 11h30, je repars seul avec la voiture d'Hichem. Paysages classiques d’Afrique du Nord : vendeurs de fruits et légumes au bord des routes, petites carrioles tirées par des ânes, oueds à sec … Pendant le trajet, un flic me fait signe d’arrêter. En fait, il monte dans la voiture et me demande de le transporter jusqu’à tel endroit ! C’est une pratique courante en Tunisie. 
J’arrive alors à Ez-Zahra, chez l’oncle d’Hichem. J'y retrouve là-bas Tayeb, ainsi que le cousin Jellel (cf. 9 avril 1973). Je fais connaissance avec un ami algérien, Salim. Je passe l’après-midi à Ez-Zahra puis retourne à Tunis avec Hichem.
Je rentre le soir à Nabeul, seul, pour 23h. Prudence… La nuit, gare aux piétons qui surgissent de nulle part !

Mercredi 5 septembre 1979

Vers 11h30, je roule jusqu’à Hammamet pour y retrouver les deux Françaises dans leur village de vacances. Elles sont encore sous la douche ! Ensemble, nous allons à la plage jusqu'à 12h30. Il s’agit bien sûr d’une plage privée du village-vacances.
Elles rentrent ensuite pour manger dans leur cercle fermé. Quant à moi, je me rends dans un petit restaurant local qui tranche avec les complexes touristiques sans âme et de mauvais goût qui nous environnent. Je mange un couscous. Seul européen dans la gargote, le thé aux pignons m’est offert par un consommateur.
De 15h à 16h30, je retrouve les filles à la plage. Elles ne connaissent d’ailleurs de la Tunisie que la plage, et des Tunisiens que les serveurs de leur hôtel !
Je les ramène tout de même à Tunis en voiture pour 19h, où nous retrouvons Hichem. Nous allons manger dans un hôtel de luxe, la Baie des Singes. Tout ça pour éblouir les filles… Tiens, je croyais que c’était Hichem qui devait payer !
Nous rentrons à Hammamet où nous déposons les filles, puis à Nabeul pour 1h45.

Jeudi 6 septembre 1979

Je passe la journée à Nabeul. Je fais quelques courses et je me rends sur l’inévitable plage à touristes.

Je repars seul à Ez-Zahra en « voiture de louage » (taxi collectif) pour 17h.
Avec Salim, l’ami algérien, j’ai rendez-vous avec « le capitaine ». « Tu ne peux pas te tromper. Il porte une barbe, des lunettes et un short » nous annonce un copain tunisien, Nabil. En fait, il ne porte ni barbe, ni lunettes ni short !
Je passe la soirée entre la demeure de l’oncle et celle de son voisin : discussion sans fin, philosophique et religieuse, sur la terrasse, rythmée par les navettes incessantes de nos hôtes tunisiens et l’ami algérien, d’une maison à l’autre. Puisque nous avons décidé de nous rendre demain en Algérie avec Salim qui rentre au pays, les femmes passent commande… de tissus et de robes. Il paraît que c’est beaucoup moins cher là-bas !

A 2h du matin, je dors chez les voisins. Pendant la nuit, ça entre et ça sort…

Vendredi 7 septembre 1979                            

… Je me réveille au matin avec un voisin de lit différent de celui près duquel je me suis endormi !
Je passe la matinée à Tunis avec Nabil et Salim. Nous faisons quelques emplettes dans un supermarché. Nous sommes vendredi, donc pas d’alcool en vente !

A 12h30, en gare de Tunis, après un retard sur l’horaire prévu, nous prenons tous les trois un train pour l'Algérie. Dans le compartiment que nous occupons, nous lions connaissance avec un autre Tunisien ainsi qu’un Egyptien.
Lent voyage dans la région montagneuse du nord-ouest qui est la continuation de l’Atlas tellien. 



Lors d’un arrêt à Sidi Smaïl, on descend du train pour faire quelques photos-souvenirs. 

















On arrive à Jendouba. Douane et police tunisiennes montent à bord. Jusque là, ça va.
A 16h, le train arrive à la frontière algérienne de Souk Ahras. C’est le tour des Algériens de vérifier les papiers. Là, ça se complique. Il paraît que je n’ai pas assez de devises pour entrer en Algérie. En fait, j’ai 300 francs français pour aller passer quelques jours à Constantine dans la famille de Salim. Je me fais bel et bien refouler, sans autre explication. Je dois descendre du train, malgré l’intervention de mes compagnons.
Et là, je me retrouve au bord du quai, sans argent pour rentrer à Tunis. Perplexe, je fais un signe d’adieu aux copains et je regarde le train qui s’ébranle vers l’Algérie…
Un autre Français, lui aussi refoulé du train, m’échange des dinars tunisiens pour me payer un billet de retour. Nous prenons un train pour Tunis à 18h15.
Nous arrivons de nuit, et je retourne à Ez-Zahra en taxi pour 22h. Surprise dans la famille !

Samedi 8 septembre 1979

Je vais passer la matinée à Tunis, flânant dans les rues et les avenues de la ville moderne et coloniale.
Des femmes agents de police règlent la circulation sur la place du 7 Novembre où trône la statue équestre géante du « Combattant suprême ».
Dans aucun autre pays musulman, les femmes n’ont la place qu’elles ont en Tunisie. On en trouve dans la police ou dans les institutions judiciaires. Elles sont à l’abri de la répudiation par leur mari. Le divorce peut être le fait de la femme comme celui de l’homme. La polygamie est désormais interdite.
Sur l’avenue de France, j’entre dans une grande librairie pour acheter des livres : « Histoire de la Palestine » et « La presse féminine ». Comme repas, j’avale un sandwich tunisien pris dans un kiosque de rue.
Je me dirige ensuite vers la gare et rentre à Ez-Zahra en train pour 15h30. Entre-temps, le copain Nabil est lui aussi revenu. Il nous raconte la suite des événements d’hier : le train a passé la frontière, et là les policiers algériens ont fait descendre tous les Tunisiens. Seuls ont eu le droit de continuer les passagers algériens et notre compagnon de voyage égyptien. Les Tunisiens ont été embarqués dans une prison de Souk Arhas où ils ont dû passer la nuit, entassés dans une même cellule avec femmes et enfants. Au matin, ils ont été relâchés et refoulés dans un train en direction de Tunis. Tout cela en représailles d’un précédent incident dont furent victimes des Algériens de la part de Tunisiens ! Ces petits potentats locaux font la loi aux frontières, sans grande possibilité de recours. C’est pour éviter des témoins gênants que nous, les deux Français du train, avons été expulsés avant la frontière.

Quant à moi, je reste cet après-midi à Ez-Zahra.
Je dors à nouveau chez les voisins.

Dimanche 9 septembre 1979

Je passe la matinée à Ez-Zahra puis, avec Hichem, l’après-midi à Tunis.
Nous rentrons le soir à Nabeul. Hichem et moi faisons une promenade de nuit au bord de la mer, sur la jetée, de 21h30 à 22h30.

Lundi 10 septembre 1979

Hichem travaillant à Tunis, sa mère et sa sœur absentes, je me retrouve seul à Nabeul, dans la maison familiale : lecture, essentiellement.
Pour me changer les idées, je fais aussi un tour à la plage pendant quelques temps. Le soir, je mange en ville dans un restaurant.

Mardi 11 septembre 1979

Cet après-midi, plage jusqu'à 16h.
Bière Celtia pour me désaltérer au kiosque de la plage, tout en lorgnant sur les femmes européennes aux seins nus, pour le coup d’œil…
Le soir, je mange dans un restaurant à la clientèle locale. Je commande des bricks, sortes de crêpes très fines, pliées en triangle, contenant un œuf et de la farce ou du thon, et plongées dans la friture. Je lie connaissance avec trois Tunisiens. Nous sortons ensemble à Hammamet et Nabeul dans des boîtes de nuit. Essentiellement pour les touristes étrangères, évidemment … qui attirent les jeunes locaux.
Nous rentrons à 2h du matin. Les trois jeunes me déposent devant la maison.

Mercredi 12 septembre 1979

De 11h30 à 16h, je suis à la plage avec un couple français dont j’ai fait la connaissance. Mais rapidement, je commence à me sentir fiévreux. Je rentre à la maison et, malade, je me couche. J’ai chopé une « tourista », probablement due à l’eau ou aux crudités du restaurant d’hier soir.

Jeudi 13 septembre 1979

La journée sera longue. Je m’occupe en lisant…
Brève visite d’un neveu d’Hichem, médecin. Sa sœur fait aussi une apparition pour voir si je n’ai besoin de rien.

Vendredi 14 septembre 1979

En fin de matinée, me sentant un peu mieux, je pars en auto-stop à Ez-Zahra que j’atteins à 14h.
Dans l'après-midi, Hichem arrive. Nous partons ensemble à Tunis en début de soirée. Je me sens tout-de-même encore un peu « limite ».
Nous prenons le repas à l'hôtel Amilcar, à Carthage, où j’invite Hichem et Tayeb, en cadeau de départ. Nous rentrons vers 23h chez le frère aîné d'Hichem où nous allons dormir.

Samedi 15 septembre 1979

Matinée à Tunis avec Hichem avant le départ pour l'aéroport.
A 14h10, l’avion décolle pour Strasbourg.

Arrivée à l'aéroport d'Entzheim à 17h20 (heure française).
Christine et son frère Jacky m'y attendent, avec Caroline. 


*****

1980 Luxembourg

Samedi 16 février 1980

A 15h, Viviane et moi partons en voiture depuis Strasbourg pour passer le week-end au LUXEMBOURG.
A 18h, nous arrivons à LUXEMBOURG, la capitale du Grand-Duché. Nous nous promenons dans la vieille ville. Nous recherchons un hôtel que nous trouvons, à budget moyen, non loin de la gare. Nous allons manger ensuite dans un restaurant. J’y reconnais la grande brasserie où je m’étais arrêté avec Chantal en avril 1972.
Vers 21h30, nous partons en BELGIQUE boire un pot à Arlon, une petite ville frontalière de la Lorraine belge, chef-lieu de la province du Luxembourg.
Lors de l'indépendance de la Belgique, en 1831, les grandes puissances européennes décidèrent de partager le Luxembourg en deux, selon des critères linguistiques : la partie occidentale revenant à la Belgique et la partie orientale à Guillaume Ier des Pays-Bas qui deviendra  plus tard un État indépendant, le Grand-Duché.
Nous rentrons au LUXEMBOURG  et rejoignons notre hôtel à 23h.

Dimanche 17 février 1980

De 10h à 12h30, nous nous promenons à pied à Luxembourg, en ville et autour des remparts, des casemates et dans les fossés de la ville.
Le temps est doux, ensoleillé. Les premiers citrons, une des espèces de papillons les plus précoces, sortent de leur abri hivernal.



Nous poursuivons ensuite notre trajet à l'intérieur du Luxembourg. Nous passons à Ettelbruck, au pied de l’Ardenne luxembourgeoise, et longeons la vallée de la Sûre, une rivière qui coupe latéralement le Luxembourg, en provenance du massif ardennais.
C’est un affluent de la Moselle qui prend sa source à la ferme de Blanchipont, en province de Luxembourg (Belgique), dans l'Ardenne belge, à une altitude de 505 mètres.

A partir de 14h, nous prenons la route du retour pour arriver à Schiltigheim vers 18h.


*****